15 septembre 2002

Historique des employés de Louisiana-Pacific en grève depuis le 24 mai 2002.

En 1988 l'ouverture de l`usine de panneaux O.S.B Normick Chambord au lac st-jean. Cette usine était composée de trois investisseurs soit le groupe Normick Perron, le syndicat des producteurs de bois du Sagnenay lac st-jean et les employés qui formaient la coopérative des travailleurs du royaume. Les frères Perron qui détenaient 51 pour cent des parts dans la compagnie ont décidé en 1989 de vendre toutes leurs usines au groupe Norbord. Une première requête en accréditation fut déposée au début 1989 une négociation suivie d’un règlement avec Norbord après 6hrs de grève à la fin 1989.

Ses nouveaux propriétaires n`aimant pas le partenariat qui existait entre les employés et autres investisseurs, firent des investissements de plusieurs millions de dollars en 1990 et fermèrent l`usine pour une période indéterminée, au printemps 1991,dans l`espoir que ses partenaires déclarent faillite dans peu de temps. N’ayant plus de revenu, les employés firent faillite en 1992 mais les producteurs de bois eux, ayant d`autres revenus et voyant la manigance du groupe Norbord décidèrent de ne jamais lâcher la serviette. Vu la conjoncture économique de ce temps, Norbord après 1an et demi de fermeture, met en faillite son usine O.S.B du lac st-jean.

L’accréditation syndicale tomba avec la faillite.

Les employés ayant perdu en moyenne dix mille dollars dans cette entreprise, nous avons donc déclaré au gouvernement cette perte au moment de l’impôt. qui 2 ans plus tard, nous réclamait le retour d’impôt plus les intérêts malgré toute la bonne volonté des employés.

En 1993, réouverture de l’usine acquise par le groupe Forex. Nouvelle demande d’accréditation, négociation ou nous avons surtout axé nos demandes sur la réembauche de l’ancien personnel et de replacer l’ordre d’ancienneté du salaire et quelques congés. Signature de la convention collective 1993. Réouverture de la convention collective en 1996 avec comme point majeur le régime de retraite à prestation déterminée, que nous avons obtenu avec un vote de grève à 93% mais que nous n’avons pas eu besoin d’appliquer. À un cheveu près !

En 1999, une compagnie américaine du nom de Louisiana Pacific se porte acquéreur de tout le groupe Forex qui compte 3 usines de panneaux O.S.B et 2 scieries.

En 2001, réouverture de la convention collective à la première journée de négociation avant même que nous n’ayons eu le temps d’ouvrir la bouche, l’employeur a exigé qu’un conciliateur soit présent pour tout la durée des

négociations. Nous avons toujours négocié de bonne foi pour se faire dire par l’employeur après 1 an que L.P veut abolir notre régime de retraite à prestation déterminée et le remplacer; par un réer collectif.

Raison invoquée par l’employeur.

Ce n’est pas dans nos mœurs des régimes comme ça.

Parce qu`aux État-Unis, eux ils n`en n`ont pas.

Nous continuons les négociations et avertissons l’employeur que nous allons en assemblée chercher un vote de grève (16 mai)et que nous avions l’intention de nous en servir à la prochaine négociation (29 mai) si l’employeur ne révise pas ses positions.

L’employeur part une campagne pour faire peur aux travailleurs, ils se servent de tout ce qu’ils peuvent, (de la fermeture de l’usine)(que l 'on est rien face à la puissance de la compagnie) ils nous disent de vive voix ( vous n’êtes qu’un pet au marché de la foire.

Nous leur répondons le 16 mai avec un vote de grève à 99,6 %.

L’employeur avance les négos et nous confirme le 24 mai qu’ils maintiennent leur position face à notre régime de retraite et que jamais ils ne changeront d’idée

.

Après consultation nous déclenchons la grève à 14h45min le 24 mai 2002.

C’est pour cette raison, que, nous les 163 travailleurs de L.P Chambord, ont déclenché le 24 mai dernier une grève générale, depuis aucune discution avec les dirigeants.

Malgré toutes les difficultés que nous traversons les membres tiennent bon et le moral est bon également.

Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce conflit, notre avenir en dépend et celui de plusieurs autres conventions collectives.

Nous savons que beaucoup de compagnies attendent de voir notre règlement.

Si nous perdons, qui vont être les prochains ?

Mais il souffle également un vent de solidarité syndicale incroyable face à l’importance pour tous les syndicats de remporter ce combat.

Aider nous à remporter ce combat, il en va de l’avenir des conditions de travail du Canada.

En toute solidarité

Evans Simard

Président SCEP 502Q (FTQ)